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Les mots s’en mêlent : Réunion du jeudi 3 décembre 2015

 

Réunion n°16 de notre club.

 

Jeanne PEHOURTICQ      

 2084, de Boualem Sansal

Auteur algérien, a écrit son premier roman à 50ans.

Grand Prix du roman de l'Académie française 2015.

Boualem Sansal , né en 1949, vit à Boumerdès, près d'Alger. Il a fait des études d'ingénieur et un doctorat en économie. Il était haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie algérien jusqu'en 2003. Il a été limogé en raison de ses écrits et de ses prises de position. Son premier roman,"Le serment des barbares", a reçu le prix du premier Roman et le prix Tropiques 1999. Son livre Poste restante, une lettre ouverte à ses compatriotes, est resté censuré dans son pays. Après la sortie de ce pamphlet, il est menacé et insulté mais décide de rester en Algérie. Un autre de ses ouvrages, Petit éloge de la mémoire est un récit épique de l'épopée berbère.

Il fait le parallèle entre islamisme et nazisme. Lecture pas toujours facile, écriture assez philosophique.

L’action se passe dans un pays imaginaire. Catastrophe mondiale, il faut maintenir la peur, l’ordre à tout prix ; pèlerinage obligatoire sous peine de châtiments publics. Le héros ne se rebelle pas contre le régime, il veut s’exiler, mais la frontière n’existe pas. Il veut retrouver le réel.

Présentation de l'éditeur

L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l'amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions. Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l'existence d'un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion. Boualem Sansal s'est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Au fil d'un récit débridé, plein d'innocence goguenarde, d'inventions cocasses ou inquiétantes, il s'inscrit dans la filiation d'Orwell pour brocarder les dérives et l'hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties.

 

 

Anne-Marie ANDRIEUX      

     Bleu gentiane, de Madeleine Mansiet-Berthaud

Saga familiale en pays franc-comtois, au 19ès. On s’occupe de la famille…

Fin XIX e en Franche-Comté. Clovis, propriétaire fermier aisé, est à ses heures "bricottier", petit contrebandier. Cette nuit-là, il a tenté un coup risqué : une cordée de trois avec du bétail vivant sur le dos sur les fameuses " échelles de la mort ". Surprise par deux douaniers, la cordée s'écrase au pied de la falaise... Gentiane, sa veuve, doit désormais porter sur ses épaules la responsabilité d'une vaste ferme, aidée seulement par la douce et chenue Mamélie. L'arrivée de Gildas, paysan expérimenté, est saluée avec enthousiasme par l'aïeule. Beaucoup moins par Gentiane : il fut son premier fiancé, éconduit, et il pratique lui aussi la contrebande. Pourtant cette présence masculine lui devient indispensable. D'autant que des lettres anonymes inquiétantes lui parviennent, accompagnées de bouquets de gentiane déposés sur le rebord de la fenêtre...

 

  Le pont du diable, de Daniel Dupuy.

Années 60, développement du tourisme dans les Cévennes, émancipation de la femme.

En 1987, Simon revient sur les lieux où vécut Manu, son cousin de la campagne qu'il admirait entre tous. Vingt-cinq ans plus tôt, le jeune Manu fait une impressionnante chute d'un pont. Il en sort vivant mais avec une jambe infirme. À force de courage et de volonté et en dépit des remontrances d'Adrien, son père cruel et taiseux, il accomplit son ambitieux projet de gîte rural et de culture de fraises. Les affrontements entre Adrien et Manu vont pourtant se transformer en drame familial jusqu'à ce que de vieilles histoires vécues sous l'Occupation refassent surface…

 

Sylvie BORNAIS           

Otages intimes, de Jeanne Benameur.

L’auteur a déjà écrit Profanes et Les demeurés.

Histoire d’un photographe de guerre pris en otage et qui va être libéré. Des flash-back,son voyage de retour, on voit ce qui se passe dans sa tête malgré sa libération… Dans son village natal, il retrouve des amis d’enfance. Il essaie de réapprendre à vivre, étant devenu un  « survivant ». Très beau livre.

Photographe de guerre, Etienne a toujours su aller au plus près du danger pour porter témoignage. En reportage dans une ville à feu et à sang, il est pris en otage. Quand enfin il est libéré, l'ampleur de ce qu'il lui reste à ré-apprivoiser le jette dans un nouveau vertige, une autre forme de péril. De retour au village de l'enfance, auprès de sa mère, il tente de reconstituer le cocon originel, un centre duquel il pourrait reprendre langue avec le monde. Au contact d'une nature sauvage, familière mais sans complaisance, il peut enfin se laisser retraverser par les images du chaos. Dans ce progressif apaisement, se reforme le trio de toujours. Il y a Enzo, le fils de l'Italien, l'ami taiseux qui travaille le bois et joue du violoncelle. Et Jofranka, l'ex petite fille abandonnée, avocate à La Haye, qui aide les femmes victimes de guerres à trouver le courage de témoigner. Ces trois-là se retrouvent autour des gestes suspendus du passé, dans l'urgence de la question cruciale : quelle est la part d'otage en chacun de nous ? De la fureur au silence, Jeanne Benameur habite la solitude de l'otage après la libération. Otages intimes trace les chemins de la liberté vraie, celle qu'on ne trouve qu'en atteignant l'intime de soi.

 

 

Marie SZCZEPANIAK 

     La Terre qui penche, de Carole Martinez.

Conte pour adultes, se passe au Moyen-Âge. Marie Bastien l’a lu également. Deux avis différents sur ce livre, à la fois cruel et poétique. «  Défense de la femme »

 

 

   Le peigne de Cléopâtre, de Maria Ernestam.

Mari, Anna et Fredrik, trois amis de longue date, ont monté une société au doux nom du Peigne de Cléopâtre. Leur créneau : résoudre les problèmes des gens. Chacun apporte ses compétences, qui en jardinage, qui en déco d'intérieur ou en comptabilité... et la PME se développe avec succès.

Chacun patauge quelque peu dans sa propre existence, en quête d'identité ou d'âme soeur, et trouve un réconfort non négligeable dans l'idée de venir en aide à autrui.

Jusqu'au jour où une vieille dame se présente avec une étrange requête : elle souhaite que Le peigne de Cléopâtre élimine son mari.
Difficile de résister à un filon qui promet d'être lucratif, et les candidats se bousculent bientôt au portillon.

Les oreilles de Buster. Même auteur.

Eva cultive ses rosiers. A cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu’elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s’occupe. Pour se donner bonne conscience ? Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi la cruauté est-elle plus douce lorsqu’on l’évoque dans l’atmosphère feutrée d’une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l’a jamais aimée et a toujours tout fait pour la ridiculiser. Très tôt, Eva s’était promis de se venger. Et elle l’a fait, avoue-t-elle d’emblée à son journal intime. Un délicieux mélange de candeur et de perversion, qui tient en haleine de bout en bout.

La maladroite,d’Alexandre Seurat.

Triste. Histoire d’une petite fille battue.

Inspiré par un fait divers récent, le meurtre d'une enfant de huit ans par ses parents, La maladroite recompose par la fiction les monologues des témoins impuissants de son martyre, membres de la famille, enseignants, médecins, services sociaux, gendarmes… Un premier roman d'une lecture bouleversante, interrogeant les responsabilités de chacun dans ces tragédies de la maltraitance.

Un bûcher sous la neige, de Susan Fletcher.

Très très beau ! En Ecosse, dans les Highlands, au 16è siècle. Livre sur la tolérance, l’acceptation des autres,

Au coeur de l'Ecosse du XVe siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d'une prison putride, le révérend Charles Leslie, venu d'Irlande, l'interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Mais, depuis sa geôle, la voix de Corrag s'élève au-dessus des légendes de sorcières et raconte les Highlands enneigés, les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse. Jour après jour, la créature maudite s'efface. Et du coin de sa cellule émane une lumière, une grâce, qui vient semer le trouble dans l'esprit de Charles.

 

Josette ZIELEMAN  La bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald

A beaucoup aimé. Tout commence par les lettres que s'envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l'Iowa. Après deux ans d'échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu'Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine.

Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis - et pas uniquement les personnages de ses romans préférés -, qui l'aident à monter une librairie avec tous les livres qu'Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance.

Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel...

Katarina Bivald a grandi en travaillant à mi-temps dans une librairie. Aujourd'hui, elle vit près de Stockholm, en Suède, avec sa soeur et autant d'étagères à livres que possible. La Bibliothèque des coeurs cabossés est son premier roman.

 

 

 Passé imparfait de Julian Fellowes

On suppose que l’auteur a 60 ans . Ecrivain, il a un ami ultra riche qui va mourir et l’appelle. Ils font la liste des femmes qu’ils ont aimées ( 5) chaque chapitre correspond à une femme.

Ces jeunes de 20 ans portent en eux la morale et les traditions de leurs parents et l’envie de se libérer. Réflexions percutantes, intimes, géniales, dans lesquelles on se retrouve.

Voir la série «  Downtown Abbey

Une invitation de Damian Baxter ? Voilà qui est inattendu ! Cela fait près de quarante qu'ils sont fâchés ! Inséparables durant leurs études à Cambridge, leur indéfectible amitié s'est muée en une haine féroce, suite à de mystérieux événements survenus lors de vacances au Portugal en 1970. Après de déconcertantes retrouvailles, la révélation tombe : riche, à l'article de la mort, Damian charge le narrateur, sur la foi d'une lettre anonyme, de retrouver parmi ses ex-conquêtes – six jeunes filles huppées qu'ils fréquentaient alors – la mère de son enfant. Un voyage vers le passé plein de fantômes et de stupéfiantes révélations... Avec une verve élégante, le créateur de la série Downton Abbeysigne un portrait au vitriol de l'aristocratie anglaise bousculée par les sixties. " La vraie affaire de Fellowes, c'est le milieu qui l'a vu naître : l'aristocratie anglaise. (...)Un régal aux senteurs surannées, comme les Anglais en ont le secret. " Les Inrockuptibles Traduit de l'anglais (Angleterre) par Jean Szlamowicz

 

Cécile VERHAEGHE      Deux gouttes d’eau de Jacques Expert. (on en a déjà parlé)

 

Cauchemar, d’Erica Spindler.

Facile à lire, écriture fluide et agréable. C’est un thriller sur fond de harcèlement, de complot.

Dimanche 19 octobre 2003, Dallas, Texas. Jane Killian se réveille en sursaut, hantée par le même cauchemar obsédant, où elle revit l'accident dont elle a été victime quinze ans auparavant. Alors qu'elle se baignait dans un lac, un hors-bord l'a percutée, la laissant défigurée et à demi morte. Et si les miracles de la chirurgie réparatrice lui ont rendu un visage plus beau qu'auparavant, une question n'a cessé de la hanter : n'était-ce pas en réalité une tentative de meurtre maquillée en accident ? Aujourd'hui pourtant, Jane a tout pour être heureuse : artiste consacrée, riche héritière et épouse d'un chirurgien esthétique réputé, elle attend un enfant, et prépare le vernissage d'une exposition qui la rendra célèbre. Mais sa vie bascule de nouveau dans l'horreur lorsqu'une patiente de son mari est retrouvée morte, assassinée, et que lan est le suspect n°1. Mais il y a pire encore, lorsque Jane reçoit une lettre anonyme : "Je l'ai fait exprès. Pour t'entendre hurler. " Une lettre qui ne laisse aucun doute : le pilote du hors-bord est revenu pour terminer sa sinistre besogne...".

 

Boussole, de Mathias Enard.

Pas « grand public »… un malade attend son résultat d’analyse, nuit d’insomnie où il revit sa vie.

Insomniaque, sous le choc d'un diagnostic médical alarmant, Franz Ritter, musicologue viennois, fuit sa longue nuit solitaire dans les souvenirs d'une vie de voyages, d'étude et d'émerveillements. Inventaire amoureux de l'incroyable apport de l'Orient à la culture et à l'identité occidentales, Boussole est un roman mélancolique et enveloppant qui fouille la mémoire de siècles de dialogues et d'influences artistiques pour panser les plaies du présent. Après Zone, après Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, après Rue des Voleurs… l'impressionnant parcours d'écrivain de Mathias Enard s'épanouit dans une magnifique déclaration d'amour à l'Orient.

 

Annie LARANGÉ   

 Ma mère du Nord, de Jean-Louis Fournier.

Il regrette de ne pas avoir dit à sa maman tout son amour quand elle était vivante.

« Petit, chaque fois que j’écrivais quelque chose ou faisais un dessin, j’avais besoin de le montrer à ma mère pour savoir si c’était bien.

Qu’est-ce qu’elle penserait aujourd’hui de ce que je suis en train d’écrire sur elle ?

Je suis inquiet. Elle doit en avoir assez qu’on parle de son mari alcoolique. Ne pas avoir envie qu’on parle d’elle, la discrète, la réservée, de ses maladies imaginaires, de sa tristesse.

Va-t-elle savoir lire entre les lignes, comprendre que ce livre est une déclaration d’amour ? Que j’essaie de me rattraper, moi qui ne lui ai jamais dit que je l’aimais, sauf dans les compliments de la fête des Mères dictés par la maîtresse.
Ce livre, je l’ai écrit pour la faire revivre.

Parce qu’elle me manque. »

 

  Les quatre saisons de l’été, de Grégoire Delacourt.

A beaucoup aimé (contrairement à Elisa Dalmasso)

Été 99, dont certains prétendent qu’il est le dernier avant la fin du monde.

Sur les longues plages du Touquet, les enfants crient parce que la mer est froide, les mères somnolent au soleil. Et partout, dans les dunes, les bars, les digues, des histoires d’amour qui éclosent. Enivrent. Et griffent. Quatre couples, à l’âge des quatre saisons d’une vie, se rencontrent, se croisent et s’influencent sans le savoir.

Ils ont 15, 35, 55 et 75 ans. Ils sont toutes nos histoires d’amour.

Marie Curie prend un amant, d’Irène Frain

Veuve depuis 5 ans, elle prend comme amant Paul Langevin qui a été l’élève de Pierre Curie.Puis, la petite fille de Marie Curie épouse le petit fils de Paul Langevin.

Le 4 novembre 1911, un journal parisien à grand tirage livre à l'opinion cette nouvelle extravagante : "Marie Curie a un amant." A l'époque, Pierre, son mari, le savant avec lequel elle a eu son premier prix Nobel en 1903, est mort depuis cinq ans. Mais Marie a le tort d'être femme, d'être célèbre, d'être une "étrangère" (elle est d'origine polonaise), d'être "juive" à en croire certains de ses pourfendeurs (ce qui n'est pas le cas). Comme le capitaine Dreyfus vingt ans plus tôt, il faut l'abattre. Et peu importe que la célèbre veuve, qui s'apprête à recevoir son deuxième prix Nobel, soit une icône de la science mondiale. Son amant, c'est Paul Langevin, ami d'Einstein, lui aussi savant d'exception, familier des Curie aux temps héroïques. Mais Paul est marié. Et l'adultère excite la presse à scandale. Pour percer le secret qui attacha si fort Marie Curie à cet homme, au risque d'y perdre sa réputation et d'y laisser la vie, Irène Frain a interrogé des lieux méconnus, des archives négligées, des photos oubliées. Et c'est une bouleversante et inédite histoire d'amour qu'elle nous donne à lire dans ce "thriller médiatique" d'une terrible modernité.

 

Le joueur d’échecs, d’après  Stéhan Zweig, de Thomas Humeau en BD

 

California dreamin’, autre BD

Tube musical des années 60… Ellen Cohen rêve de devenir chanteuse. Sa voix est incroyable, sa personnalité aussi excentrique qu'attachante, son besoin d'amour inextinguible. À l'aube des années 1960, elle quitte Baltimore pour échapper à son avenir de vendeuse de pastrami et tenter sa chance à New York.

 

 

Brigitte CAPP :    

 Le caveau de famille, de Katarina Mazetti

C’est la suite du « mec de la tombe d’à côté »

Désirée la bibliothécaire et Benny le paysan se sont rencontrés dans Le Mec de la tombe d'à côté. Elle dévore les livres comme les produits bio, lui élève des vaches et n'imagine pas qu'on puisse lire "de son plein gré". Leur histoire d'amour n'est donc pas simple, mais ils s'accordent trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si ça ne marche pas, c'est terminé pour toujours. Sinon... La suite du best-seller bourré d'humour de Katarina Mazetti.

Chapitres en alternance, La Crevette/Béni

Comment ce couple va-t-il assumer le travail de la femme, le métier de bibliothécaire ?  L’auteur a été fermière en Suède. Dénonce le machisme dans la mentalité paysanne.

 

 Une part de ciel, de Claudie Gallay.

Carole raconte on séjour dans sa ville natale. Atmosphère, liens à renouer avec sa sœur…

Aux premiers jours de décembre, Carole regagne sa vallée natale, dans le massif de la Vanoise, où son père, Curtil, lui a donné rendez-vous. Elle retrouve son frère et sa soeur, restés depuis toujours dans le village de leur enfance. Garde forestier, Philippe rêve de baliser un sentier de randonnée suivant le chemin emprunté par Hannibal à travers les Alpes. Gaby, la plus jeune, vit dans un bungalow où elle attend son homme, en taule pour quelques mois, et élève une fille qui n'est pas la sienne. Dans le Val-des-Seuls, il y a aussi le vieux Sam, pourvoyeur de souvenirs, le beau Jean, la Baronne et ses chiens, le bar à Francky avec sa jolie serveuse... Dans le gîte qu'elle loue, à côté de la scierie, Carole se consacre à une traduction sur la vie de Christo, l'artiste qui voile les choses pour mieux les révéler. Les jours passent, qui pourraient lui permettre de renouer avec Philippe et Gaby un lien qui n'a rien d'évident : Gaby et Philippe se comprennent, se ressemblent ; Carole est celle qui est partie, celle qui se pose trop de questions. Entre eux, comme une ombre, cet incendie qui a naguère détruit leur maison d'enfance et définitivement abîmé les poumons de Gaby. Décembre s'écoule, le froid s'installe, la neige arrive... Curtil sera-t-il là pour Noël ?

Peut-être un peu long.

 

BD : Modigliani prince de la Bohème, de Laurent Seksik

Graphisme magnifique. Montparnasse, 1917. Les artistes vivent dans l'insouciance du lendemain. Le prince de cette bohème, Amedeo Modigliani, rêve de changer le monde à coup de pinceaux.

Mais le goût de l'opium et de l'absinthe, la passion pour les femmes, la folie de l'époque sont autant d'obstacles qu'il devra surmonter.
Une évocation frémissante et sensible du peintre Amedeo Modigliani, mort dans la misère au seuil de la gloire, à l'orée du XXe siècle.

 

 

Sylvie ROLAND    

      Hippocrate aux enfers, Michel Cymes.

 C'était là.

C'est là que tant de cobayes humains ont subi les sévices de ceux qui étaient appelés « docteurs », des docteurs que mes deux grands-pères, disparus dans ce sinistre camp, ont peut-être croisés.

Je suis à Auschwitz-Birkenau.

Là, devant ce bâtiment, mon cœur de médecin ne comprend pas. Comment peut-on vouloir épouser un métier dont le but ultime est de sauver des vies et donner la mort aussi cruellement ? Ils n'étaient pas tous fous, ces médecins de l'horreur, et pas tous incompétents.
Et les résultats de ces expériences qui ont été débattus, discutés par des experts lors du procès de Nuremberg ? Ont-ils servi ?
Quand la nécessité est devenue trop pressante, quand j'ai entendu trop de voix dire, de plus en plus fort, que ces expériences avaient peut-être permis des avancées scientifiques, j'ai ressorti toute ma documentation et je me suis mis à écrire.
M. C.

 

Comme un chant d’Espérance, de Jean D’Ormesson

Pose la question de croire ou ne pas croire en Dieu…

" Il y a quatorze milliards d'années, une explosion se produit. En naissent les étoiles, les galaxies, le Soleil et la Lune, la Terre, la guerre du feu, l'acropole d'Athènes, la Grande Muraille de Chine, les Confessions de saint Augustin, Le Songe de sainte Ursule par Carpaccio et Le Songe de Constantin par Piero Della Francesca, La Cantate du café de Bach et La Vie parisienne d'Offenbach. J'écris ces mots. Et vous les lisez. Le monde s'est mis en marche. Que s'est-il donc passé ? " Jean d'Ormesson tente avec gaieté de percer le mystère du rien, c'est-à-dire du tout. Ravissements et surprises sont au rendez-vous de son épatante entreprise.

 

Même les politiques ont un père, d’Emilie Lanez

« Marrant »

Père manquant ou père trop présent, défié, chéri ou renié : de quel père Manuel Valls, François Hollande, Marine Le Pen, Jean-François Copé, François Bayrou, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Najat Vallaud-Belkacem, Nicolas Sarkozy, Pierre Moscovici, François Baroin ou Marisol Touraine sont-ils les enfants ? Et ces pères, auprès desquels ils ont fourbi leur exceptionnelle ambition, qu’ont-ils transmis pour que leur progéniture fasse montre d’une telle voracité ?

Émilie Lanez a reçu, au cours de son enquête, beaucoup de confidences, parfois très inattendues, de personnalités politiques pourtant habituellement secrètes. Ces récits, croisés à ceux de leurs parents, de leur fratrie et de leurs proches, sont inédits. On y comprend combien tous, sans exception, demeurent prisonniers de leur histoire familiale.

 

Passagère du silence, de Fabienne Verdier

Partie en Chine communiste pour apprendre la calligraphie avec les grands maîtres chinois.

Tout quitter du jour au lendemain pour aller chercher, seule, au fin fond de la Chine communiste, les secrets oubliés de l'art antique chinois, était-ce bien raisonnable ? Fabienne Verdier ne s'est pas posé la question : en ce début des années 1980, la jeune et brillante étudiante des Beaux-Arts est comme aimantée par le désir d'apprendre cet art pictural et calligraphique dévasté par la Révolution culturelle. Et lorsque, étrangère et perdue dans la province du Sichuan, elle se retrouve dans une école artistique régie par le Parti, elle est déterminée à affronter tous les obstacles : la langue et la méfiance des Chinois, mais aussi l'insupportable promiscuité, la misère et la saleté ambiantes, la maladie et le système inquisitorial de l'administration... Dans un oubli total de l'Occident, elle devient l'élève de très grands artistes méprisés et marginalisés qui l'initient aux secrets et aux codes d'un enseignement millénaire. De cette expérience unique sont nés un vrai récit d'aventures et une œuvre personnelle fascinante, qui marie l'inspiration orientale à l'art contemporain, et dont témoigne son extraordinaire livre d'art L'Unique Trait de pinceau (Albin Michel).

Voyage initiatique. Surprenant.

 

Ce que savait Jennie, de Gérard Mordillat

Etretat.

À vingt-trois ans, Jennie a connu de nombreux drames familiaux dont l’éclatement de sa fratrie. Elle n'a désormais qu'un seul but : réunir ses frères et sœurs dispersés dans des foyers et familles d'accueil afin de les emmener voir la mer en Bretagne. Dans cette quête à travers la France, Jennie va faire la rencontre de Quincy, un acteur également animé d'une volonté sans faille : venger le suicide de sa mère. Unis face au pire et mus par une détermination farouche, ces amants tragiques mettront tout en œuvre pour parvenir à leurs fins. L’auteur des Vivants et des Morts livre un roman incisif, porté par une héroïne bouleversante, avide de justice.

Mordillat a la verve épique, hugolienne, il aime les misérables d’aujourd’hui. Fabienne Pascaud, Télérama.

L’histoire est aussi violente qu’un Steinbeck et aussi rythmée que La Fureur de vivre. Elle se lit d’une traite comme un roman noir. Bertrand Rothé, Marianne.

 

D’après une histoire vraie, de Delphine De Vigan

On en a déjà parlé.

Suit une conversation animée sur les femmes, mères, le déni de grossesse…

 

 

Élisa DALMASSO :     Un cheval entre dans un bar, de David Grossman

Ecrivain pas toujours bien vu dans son pays. Le titre vient d’une blague juive dont on ne connaît pas la fin

One man show d’un homme que le public applaudit, hue, mais aussi rit. Tout à coup, le spectacle dérape et il se met à dévoiler sur scène toutes les déchirures de son existence.

Sur la scène d'un club miteux, dans la petite ville côtière de Netanya en Israël, le comique Dovale G. distille ses plaisanteries salaces, interpelle le public, s'en fait le complice pour le martyriser l'instant d'après. Dans le fond de la salle est assis un homme qu'il a convié à son one man show - ils se sont connus à l'école -, le juge Avishaï Lazar, retraité et veuf inconsolable. Il écoute avec répugnance le délire verbal de l'humoriste. Mais peu à peu le discours part en vrille et se délite sous les yeux des spectateurs médusés. Car ce soir-là Dovale met à nu la déchirure de son existence lorsque adolescent, alors à Gadna (camp de préparation militaire parascolaire) avec son ami Avishaï, on l'avait informé de la mort d'un de ses parents sans lui préciser lequel. Et jusqu'à l'enterrement, Dovale s'était trouvé devant ce choix terrible : de qui - mère ou père - "souhaitait-il" la mort ? Avishai, par lâcheté, lui avait tourné le dos alors que Dovale avait eu besoin de son soutien. Le juge comprend où Dovale veut en venir avec ce spectacle. Il ressent soudain l'envie d'écrire. Il noircit de notes les serviettes qu'il a sous la main. Trahison de l'amour, trahison de l'amitié ? Règlement de comptes ? Pourtant, à la fin du spectacle, entre le juge et l'humoriste, un début de rédemption s'ébauche.

 

Une femme fuyant l’annonce, du même auteur.

 

 Prochaine réunion le jeudi 4 février 2016   à 14heures.