LECTURE PUBLIQUE

 

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Callens E Elise Catteau

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            Chacun le sait, les tyrannies s’empressent toujours de censurer, d’interdire, voire de brûler les livres. Pourquoi ? Parce que la lecture est une source infinie de réalités nouvelles à partir desquelles l’existence du lecteur sera ce qu’elle n’était pas.

            La lecture publique est donc au cœur d’une véritable politique culturelle et c’est sans doute l’une des originalités de notre Ville que de la favoriser.

            Si la lecture est le préalable à l’acquisition des autres codes culturels de la modernité, il faut qu’elle soit non seulement un besoin, mais aussi et surtout un désir. Cela suppose une offre, des incitations et des animations.

            Au niveau de l’offre, ouverte à tous les publics, notre Bibliothèque a renouvelé cette année son opération « découverte » pour des classes de nos trois écoles, sa politique d’acquisition d’ouvrages reflétant en même temps la vie littéraire de l’année et les goûts des lecteurs, son accueil et son aide à des lecteurs plus démunis, tels ceux du CAT. Cette mission est essentielle.

            Au niveau des incitations, pas moins de trois sites, celui de la Ville, celui de la Bibliothèque et celui de Théodolivres peuvent être consultés par tout un chacun et fournissent en continu une actualisation des ressources et de la programmation en cours. Notre club-lecture, lui-même ouvert à tous et d’un dynamisme sans faille, a débattu en toute liberté du fond et de la forme d’ouvrages variés, en rayons ou, du coup, en passe de l’être, preuve s’il en est que le livre donne à penser et débloque la parole.

            Au niveau des animations, elles ont parfois attiré le public en bibliothèque, telles des rencontres thématiques, le Printemps des poètes, Récits sans Frontières ou le Club-lecture évoqué précédemment. Mais, à l’instar de d’Artagnan, elles sont aussi allées au devant du public, entre autres dans l’opération le Livre nomade.

            Enfin, la pièce centrale et le vecteur de la lecture publique a été notre Salon Théodolivres d’octobre dernier. Avec sa marraine de renommée nationale, sa quarantaine d’auteurs régionaux ou locaux parmi les meilleurs, ses centaines de visiteurs et d’ouvrages vendus, son décloisonnement vers les autres langages artistiques, ce salon est le temple même du plaisir du texte et de l’image, des rencontres et des échanges vivants entre les lecteurs, les auteurs, les artistes et le libraire. Et, selon le principe d’égalité, des auteurs-jeunesse sont intervenus dans nos écoles en amont du salon et, comme l’an dernier, un livre-jeunesse a été offert à celles-ci en aval.

            L’année 2017 s'achèvera par le Téléthon où s’investissent chaque année de nombreux bénévoles associatifs, sportifs et culturels, du complexe Duchossois au Grand Large, en passant par le Dojo, sans oublier l’École Brassens. Le lien entre Téléthon et Lecture publique est facile à faire : les Reutelaëres. Pour leurs actions en faveur des handicapés, parce que la Bibliothèque et le Salon du livre qui a accueilli cette année un écrivain polyhandicapé et Injeno vont dans le même sens, parce que sans le dévouement des Reutelaëres, notre Salon ne serait qu’un colosse aux pieds d’argile.

            En ces temps de barbarie rampante et parfois affichée, que vive donc plus que jamais la lecture publique, dans l’esprit de Michel Butor et dans l’esprit du conte Le Petit Prince ! Léon Werth, à qui Saint-Exupéry dédie ce conte, aimait à citer Stendhal, et « ses deux bêtes d’aversion, l’hypocrisie et la sottise ». En favorisant une citoyenneté autonome et responsable, la lecture publique contribue à s’en prémunir.

                         Jean-Pierre BOCQUET