Concours de nouvelles 2016

 

concours nouvelles

Règlement du concours de nouvelles 2016

 

Article 1

À l’occasion du salon du livre du 09 octobre 2016, le service lecture publique de la ville de Téteghem organise  un concours de nouvelles.

Article 2

Ce concours gratuit est réservé aux visiteurs du salon,  à l’exception des organisateurs et des membres du jury.  Les personnes  intéressées retireront ce jour-là le règlement contre inscription nominative et signature personnelle sur une feuille prévue à cet effet et remise d’un numéro pour l’envoi des productions.

    Seules les personnes présentes et inscrites au salon pourront participer au concours. En aucun cas on ne peut prendre d’inscription pour une tierce personne.

Ce concours comportera une catégorie jeunes (de 10 à 16 ans)  et une catégorie adultes (plus de 16 ans).

 Article 3

Le texte proposé sera une nouvelle sous n’importe quelle forme laissée à la liberté de l’auteur. Il pourra s’agir d’une nouvelle policière, fantastique, sentimentale, réaliste, de Science-fiction, etc…Elle devra avoir un titre.

Chaque participant ne pourra présenter qu’un seul texte, inédit et non primé dans un autre concours. Le libellé du thème retenu pour cette année sera à reconstituer à partir de fragments disséminés sur les lieux du salon. L’inscription ne sera validée qu’une fois ce libellé  communiqué à l’accueil. Un coupon en attestant sera délivré au candidat.

[...]

Article 8

Il y aura un lauréat par  catégorie.  Chaque lauréat  recevra un bon d’achat  de 70€ en librairie.

Posté par Theodolivres à 19:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,


26 mars 2016

Théodoric et la magie des géants, d'Etienne Marécaux

 

IMG_2540

Théodoric et la magie des géants

Etienne Marécaux, Lauréat du concours 2015

 

J’attendais ce moment avec impatience…

 

Nous étions le matin et je prenais mon petit déjeuner composé d’œufs au bacon et de lait chaud quand j’entendis, au loin, les battements du tambour, le timbre grave des trompettes, les sons acidulés des saxophones et les coups des cymbales. La fanfare arrivait !

Aussitôt, je sortis devant la maison. Quelques instants plus tard, le cortège arriva, constitué d’une quarantaine de musiciens, du géant Théodoric, mon meilleur ami, et de quelques spectateurs fermant la marche.

Au fait ! Je ne vous ai pas parlé de Théodoric ! C’est un géant qui est vêtu de rouge en bas, d’un gilet bleu foncé, d’une ceinture, un sac en bandoulière et d’un chapeau avec des plumes. Normalement, il est statique ou poussé par deux personnes. Mais moi, quand il fait noir et que nous sommes seuls, il me parle. Je ne sais pas pourquoi à moi et pas à un autre garçon.

Les spectateurs avaient l’air réjouis de ces morceaux, à la fin de la matinée. Puis vint le repas, que je passai avec mon père, le batteur du groupe, ma mère, saxophoniste, et mon frère, trompettiste. J’étais le seul à ne pas être musicien dans la famille.

La journée se passa sans événements particuliers. La nuit venue, je quittai la maison pour me rendre dans le local où était rangé Théodoric, que je surnommais Odor. Je rentrai :

« Salut, Odor ! commençai-je.

-          Bonjour, mon petit garçon !

-          Alors, pas trop fatigante, cette journée ?

-          Oh, tu parles, dit-il, je suis épuisé.

-          Tu veux que je te laisse te reposer tranquillement ? lui proposai-je.

-          Non, car ce soir est venu le temps pour moi de te conter mon plus grand secret ».

 Un secret ? Que voulait-il me dire ?

« Il y a très longtemps, continua-t-il, j’étais un petit garçon, comme toi. Je vivais ici, à Téteghem. Les jours de fanfare, la musique m’enchantait les oreilles. J’étais aux anges. J’ai donc voulu m’inscrire à cet orchestre. Au début, mes parents n’étaient pas d’accord, mais j’ai réussi à les convaincre. Cependant…

J’entendis du bruit, à l’extérieur. Je ne sus où me cacher : le local était vide ! La porte s’ouvrit et une ombre se dessina dans l’encadrement de l’ouverture. La personne entra.

Théodoric était redevenu silencieux.

Je découvris un homme, de taille moyenne. Je ne distinguais pas plus les détails sur son visage pour en faire une description plus précise. Il s’avança, puis je le reconnus : il s’agissait de mon père !

« Eh bien, que fais-tu ici à cette heure ? »

Je ne répondis pas, craignant une sanction.

« Allez, on rentre à la maison, conclut-il ».

Je devrais attendre la nuit prochaine pour en savoir plus sur le secret de Théodoric.

La nuit suivante, je retournai dans le local, déjouant la vigilance de mes parents qui, au final, ne s’étaient pas posé trop de questions sur ma présence dans le local à une heure aussi tardive. Quand Théodoric me vit, il s’exclama :

« Ah, heureusement que tu es revenu : je dois te confier la fin de cette histoire de la plus haute importance.

-          Merci de me la conter, Odor ».

Il reprit d’un ton plus grave :

« Tu verras par la suite de l’histoire que tu étais obligé de connaître son existence. Je recommence donc là où nous nous étions séparés hier soir. M’étant inscrit à l’orchestre, tout allait pour le mieux. Mais un jour, alors que je donnais un concert – j’étais le pianiste – un inconnu entra, une caisse à la main. Il s’approcha de la scène et les musiciens s’arrêtèrent de jouer. Tout le monde était stupéfait et ne savait quoi dire. Ensuite, il ouvrit sa caisse et en sortit une sorte de santon et une canne. Quelques personnes sortirent de la salle. Avec sa canne, il tapa trois fois sur le sol et récita une formule dans laquelle je crus reconnaître mon prénom. Ensuite, un filet bleu sortit de sa canne, transperçant le santon qui commença à s’agrandir, s’agrandir… »

Théodoric s’arrêta de parler, plongé dans ses souvenirs. Enfin, il reprit :

« Il prit une taille immense. Le public et les musiciens retenaient leur souffle. Enfin, le petit personnage devenu immense arrêta sa croissance démesurée. Il me semblait vivant, à présent. Il me fixait. Je n’avais jamais eu aussi peur de ma vie. Malheureusement, ce furent les derniers de celle-ci. Mes yeux me piquaient, ma vision était obscurcie, mon cœur battait à tout rompre, mes poumons allaient éclater. Je pris ma dernière inspiration. Mon ultime vue sur ce monde fut une fumée noire qui s’échappait de mon corps. Cette fumée, c’était mon âme, je le sus par la suite.

Elle est emprisonnée dans ce géant depuis plusieurs années maintenant. Aujourd’hui, seuls deux sens me restent encore : la vue et l’ouïe. Voilà, tu connais mon histoire, maintenant.

-          Mais c’est incroyable ! m’exclamai-je.

-          Eh oui, répondit-il. Seuls les gens qui étaient présents dans la salle à ce moment connaissent mon secret et le gardent pour eux. Mais ce n’est pas le plus important de l’histoire. Je ne sais pas si je dois te le dire aujourd’hui.

-          Si, s’il te plaît ! le priai-je.

-          Bon, puisque tu insistes… Je te préviens, tu ne vas peut-être pas être très content, me dit-il tout bas. Mais bon, je vais te le dire. La nuit prochaine, l’étrange personnage qui est apparu dans la salle de concert va venir ici. Il va transférer mon âme dans une boîte et la tienne va être enfermée dans ce géant ».

Je le regardais, ne pouvant le croire. Je comprenais tout, à présent ! Pourquoi Théodoric me confiait son secret que maintenant et surtout pourquoi il pouvait me parler.

La nuit suivante, je retournai dans le local, quelque peu inquiet du sort qui m’attendait. Je n’eus pas le temps de faire quoi que ce soit que quelqu’un entra dans la petite pièce. Je ne savais pourquoi, mais j’étais sûr que c’était le transformeur de petits garçons  qui arrivait.

Quand sa silhouette apparut dans l’ombre, il semblait un vieillard. Il suffoquait. Sa respiration était désagréable à entendre. Il se précipita dans le local mais perdit l’équilibre et s’étala de tout son long sur le sol.

Les instants suivants étaient inquiétants : je ne voulais pas mourir ici mais si lui décédait, je ne le rejoindrai pas dans les limbes. Il ne faisait plus de bruit ; cependant, il se dégageait de son corps une lueur jaunâtre qui se dirigeait droit vers le ciel, sûrement son âme, et une faible clarté, quant à elle, s’engageait du côté de Théodoric.

Le corps était sans vie.

J’avais échappé à la mort. Mon ami se réveilla.

« Alors, tu es content de ne pas t’être transformé en géant ? »

Tout à coup, je me métamorphosai en un colossal être. Je ne ressemblais pas à Théodoric, pourtant, j’atteignais sa hauteur. Théodoric reprononça le mot « géant ! » et je me transformai en petit garçon. La lumière verte de l’étrange personnage devait être le pouvoir qu’il avait et qui, par l’intermédiaire de sa mort, hantait désormais mon meilleur ami.

Tantôt il me changeait en géant, tantôt en petit garçon, comme par magie. C’était nôtre secret à nous. Nous participions à la ronde des géants et fûmes heureux, perpétrant la légende des géants jusqu’à la fin de nos jours.

 

Catégorie jeunes

Posté par Theodolivres à 11:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La farfadette amoureuse , d'Elise Catteau

 

IMG_2539

 

 

Lauréate du concours  2015, Catégorie Jeunes

 

La farfadette amoureuse

 

Après de longues heures de marche depuis la gare de Dunkerque, j’arrivais enfin à cette petite villa de campagne isolée que j’avais repérée sur la vitrine d’Imm-nord. Dès que je l’aperçus, je sus instantanément que je me plairais ici. Campagnard chevronné attaché à la tranquillité, j’avais face à moi le décor parfait. Le gîte, délaissé par ses anciens propriétaires, sûrement à cause de l’éloignement des villes, retrouverait, grâce à moi, sa splendeur passée. Après une visite intégrale du logement, qui, contrairement aux apparences était en excellent état, j’étais décidé, j’allais élire domicile ici à Téteghem. Je m’empressai d’aller signer mon acquisition en me réjouissant que personne avant moi n’ait remarqué la grâce de cette chaumière.  D’ores et déjà, je m’imaginais me prélassant au soleil sur mon transat. Le bonheur à l’état pur. Mille projets divers et variés envahissaient ma tête et mes rêves.

 

Une fois mon chez-moi acquis, je m’y installai rapidement et commençai à désherber mon jardin. Je voulais profiter dès ce jour des bienfaits du grand air, des petits plaisirs de la nature et de mon nouveau patrimoine. Le soir venu, j’étais fourbu mais heureux.

 

Ce fut cette nuit là que je l’entendis pour la première fois. J’allais m’endormir quand sa plainte déchirante retentit dans l’obscurité. Bien sûr, comme tout un chacun dans de telles circonstances je fus insomniaque un long moment, en proie aux interrogations. Quand enfin je trouvais les bras de Morphée, vers trois heures du matin, des cauchemars horribles peuplèrent ma nuit. J’étais tantôt victime de bêtes sauvages, tantôt pourchassé par des fantômes.

 

Au petit matin, quand je me réveillai, je n’avais qu’une idée en tête : découvrir l’être qui avait poussé ce gémissement larmoyant. Pendant toute la journée, je fouillai la maison de fond en comble pour attraper l’entité qui m’avait valu une nuit d’insomnie. Mais, elle était introuvable. Ce ne fut que le soir, au moment où elle poussa de nouveau son cri que je la vis. Je n’en avais jamais vu auparavant, juste entendu parler. Devant moi se tenait une crieuse de la famille des Hupeurs, lutine légendaire dont la mission dans les temps anciens consistait à crier pour prévenir les hommes de leur  folie meurtrière. Au fil du temps, les lutines de son espèce avaient oublié cette lourde responsabilité et criaient dans la nuit sans aucune raison. Lorsqu’elle m’aperçut, elle s’arrêta net. Je lui demandai aimablement ce qu’elle faisait ici puisque, d’après mes connaissances, ces créatures logeaient habituellement dans les forêts ou prairies. Elle me répondit qu’elle cherchait une âme charitable susceptible de l’accompagner. Mais, hélas, toutes les personnes qui l’avaient vue jusqu’alors s’étaient enfuies. Certaines croyaient être victimes d’une hallucination particulièrement réussie; d’autres, connaissant quelques fables telles que celles des Schrats avaient pris leurs jambes à leurs cous de peur que ces créatures ne les emmènent dans la vase des marais où ils les noieraient.

 

Fort heureusement, ma farfadette n’était pas de ce genre là et je le découvris bien vite. J’appris qu’elle s’appelait Godelieve, ‟aimée de dieu ”. Voilà cinq ans que la petite avait élu domicile dans ce grenier. Si elle criait ainsi c’était pour attirer les hommes, mais elle ne voulait pas les tuer, simplement quémander un peu de courage et de soutien pour son projet fou. Elle ne me le confia pas immédiatement, elle voulait être certaine qu’elle pouvait avoir confiance en moi et que je ne me moquerais pas.

 

Nous vécûmes ainsi sous le même toit pendant quelques jours. Je revins parler avec ma lutine chaque soir. Deux semaines plus tard, elle me révéla enfin ce secret si bien gardé. Elle voulait parler à l’homme à la moustache dont elle était amoureuse. A mille lieues de trouver cette histoire absurde, comme le craignait Godelieve, je  pensais que cette romance valait bien que je lui consacre du temps. Mais ce rêve serait bien difficile à réaliser car, selon les rumeurs qui circulaient au village, l’homme était amoureux d’une jeune fille habitant Steenvoorde. Ma farfadette en était profondément attristée, d’autant que certains affirmaient que les fiançailles étaient proches…

 

Chaque soir dorénavant, elle ne parla plus que du « grand homme » et de « la femme au nattes » sans jamais ne me donner un prénom. Visiblement, elle se rendait chaque jour au village pour connaître les évolutions de la relation et pour parvenir, avec mon aide, à trouver le moment opportun et la façon d’approcher son bien-aimé.

 

Cet instant arriva un mois après que j’eusse rencontré Godelieve. Tout le monde dans la commune, selon la lutine, ne parlait plus que de cette incroyable nouvelle. L’homme au manteau bleu et la dame aux yeux d’opale s’étaient disputés et semblaient bien loin de se pardonner ! Le garçon avait découvert que sa dulcinée était éprise de Jacobus, bel enfant blond, fils du bûcheron Jean de Houthacker. Les deux hommes avaient guerroyé. La désirée avait été profondément déçue par l’attitude de ses prétendants et avait coupé les liens avec chacun d’eux.

 

Si cette histoire était vraie, pour Godelieve le moment idéal semblait arrivé, elle aurait peut-être  une chance de le côtoyer ou même de le séduire ! Nous choisîmes ensemble un plan d’action. La farfadette irait consoler notre homme en plein chagrin d’amour et, quand il serait réconforté, elle utiliserait son talent de séductrice pour qu’il tombe sous son charme. Godelieve irait, dès le lendemain, commencer la première phase de notre stratégie. Cependant elle était bien au fait qu’elle ne devait pas précipiter les évènements et savoir se montrer patiente.

 

Comme dit la veille, je la retrouvai à l’aube. Je l’aidai à se préparer. J’allai jusqu’au village acheter une boîte de vêtements de poupée juste à sa taille, une jolie parure de bijoux, une boîte de maquillage et du vernis à ongles. Nous optâmes pour une petite robe bleue, un ruban blanc noué sur ses hanches, une paire de ballerines assorties et attachâmes ses cheveux bruns par un ruban semblable à celui qui lui servait de ceinture. Je lui passai un collier doré serti d’une pierre bleutée. Je lui mis un peu de baume à lèvres rose et de fard à paupières. A midi, elle était  prête. Elle était magnifique. Si c’était de moi dont elle était mordue, j’aurais été séduit à coup sûr, mais qu’en était-il de ce grand homme en plein désespoir amoureux ?

Conformément à nos plans, la lutine se rendit vers quatorze heures au parc où l’homme au manteau bleu aimait se promener avec son Hélène mais il n’arriva qu’aux alentours de quinze heures.  La jeune fille l’aborda :

«  - Bonjour mon bon Monsieur ! Comment se fait-il que vous soyez seul et si morose ? J’ai plutôt l’habitude de vous voir avec une fort belle jeune femme et débordant de gaieté ! »

Le promeneur lui conta son histoire. Godelieve était au septième ciel ; non seulement son bien-aimé  ne fuyait pas à sa vue mais en plus il lui faisait confiance !

Ils se revirent ainsi tous les jours, parlant de la pluie et du beau temps et tissant peu à peu des liens qui leur permettaient de devenir plus proches l’un de l’autre.

 

Trois mois plus tard, Godelieve se sentait prête à franchir le grand pas.

«  ­-Puis je vous faire une confidence ? »

Il acquiesça.

« -Théodoric, géant de Téteghem, je vous aime. »

Posté par Theodolivres à 11:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]